Au risque de négliger l’obligation de scandale et de polémique qui prévaut dans nos sociétés civilisées, cette rubrique n’a pas pour but de recenser des lettres désobligeantes, pas plus que de menace ou d’insultes - d’ailleurs, nous n’en recevons pas (ou si peu)...

Elle n’a pas pour but non plus de collecter les milliers... enfin, les centaines... Bon. LA lettre de félicitations...

En réalité, nous avons pensé qu’il serait amusant de faire partager les lettres les plus sympas, les plus drôles, voire les plus délirantes. Merci aux auteurs.

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Ce qui suit n’est pas à proprement parler un courrier, mais c’est bien une affaire de lecteur(trice) : il s’agit donc d’une anecdote, rigoureusement authentique, cela va de soi... Un auteur de La Louve rencontre une lectrice dans une librairie (c’est souvent là que ça se passe). La dame lui dit : « J’ai lu tous vos livres ! » Aussitôt, l’auteur flatté bombe le torse... “Ah ! C’est vous !” pense-t-il à part lui. La dame ajoute : « Il y a parfois, dans vos romans, des descriptions à la Balzac ! » À ces mots, l’auteur ne se sent pas de joie. Il s’apprête à répondre à la dame que si son ramage se rapporte à son plumage... quand elle enchaîne : « ... Et il m’a toujours profondément em..., Balzac, avec ses descriptions ! » Morale : si l’ego de l’auteur avait eu tendance à enfler, voici qui serait bien fait pour le ramener dans des proportions raisonnables ! Ce n’est pas du Balzac, c’est du (presque) La Fontaine...

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Reçu à propos de la publication des Mémoires de Michelot Moulin, Chouan et espion du roi (ça ne fait pas de mal à l’ego forcément surdimensionné de l’éditeur) :

« Merci pour la réédition des souvenirs de Michel Moulin. Merci également de ne pas vous contenter d’un facile fac-simile genre photocopie, auquel nous ont habitué quelques éditeurs pour des reprises de ce genre qui méritent mieux et ont une place dans nos bibliothèques. De beaux caractères sur un papier "qui sent bon". »

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Un mail reçu récemment, via le site. La dame nous a semblé bien allumée. Sans doute est-ce pour ça qu’elle a aimé la trilogie "La Relique" :

« Le vol d’une relique, le vol de l’aigle, des vols planés en tous genres ! S’agit-il de vols, ou de vols ? Si nos trois moines et leur âne (pas Bernard, celui à quatre pattes) nous laissaient un peu de répit, on pourrait se pencher sur cette intéressante question. Tant pis. Un seul regret : celui de ne pas pouvoir être présentée à messire Morel, l’animal gagne à être connu. Merci pour ce triple et long moment de plaisir ! »

Mais comment donc ! Merci à vous, chère madame...

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Reçu ce mail (on ne résiste pas) :

« Monsieur,
J’ai un fils de 14 ans, et je lui ai suggéré, chaque semaine, de se rendre à la bibliothèque municipale locale et de se choisir un livre, puis de tenter de le lire. Hier, je lui demande ce qu’il a choisi cette fois. "Le choix érotique", me dit-il. Ma première réaction d’étonnement passée, et enquête faite, je constate qu’il s’agit en réalité de l’ouvrage Le choix hérétique de l’historienne Anne Brenon. Mon fils est déçu. Quant à moi, ai-je été soulagé ? Je ne saurais le dire. En revanche, et au risque de vous déplaire, je dois vous avouer qu’il n’en a bien entendu pas lu une ligne !
Cordialement... »

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« xxx, le 18 mai 2010

Monsieur,
Merci de votre aimable réponse du 20 avril. Vous trouverez ci-joint un chèque pour l’envoi du troisième volet (Le vol de l’aigle) des aventures de ces tendrement pitoyables moines. Trop impatient de lire le second ouvrage ( L’os de frère Jean ), je l’ai volé. Immédiatement, je m’en suis ouvert à saint Vincent lequel, bien que réprobateur dans un premier temps, m’a félicité d’accorder un tel intérêt envers une œuvre aussi pieuse et porteuse de tant de sagesse. Il me conseille toutefois, pour la bonne règle, de faire don du livre à l’une des abbayes les plus proches de chez moi.
Je ne peux pas me procurer Le vol de l’aigle à la librairie de chez moi. Elle a coulé. Non pas sous les flots de la Loire, mais sous les larmes de son propriétaire, quitté par sa femme. Du coup, il s’est noyé dans la bière et invoque quotidiennement saint Kronenbourg pour qu’elle revienne.
Merci de vos belles pages. À vous lire, donc. »

Bien entendu, avant de mettre l’idée de ce courrier des lecteurs en pratique, nous avons demandé son autorisation à ce monsieur. Nous n’avons pas été déçus. Voici sa réponse, et ça ne s’arrange pas :

« xxx, deuxième mardi après la Pentecôte

Cher monsieur,
En voilà une idée qu’elle est bonne ! Bien sûr que vous pouvez me citer. Avec ma bénédiction.
À ce propos, et pour information, sachez que je suis au mieux avec saint Vincent. Il m’est reconnaissant de porter tant d’intérêt à son os. Comme qui dirait que nous sommes désormais copains comme cochons. En tant que saint patron des vignerons, il m’autorise à force libations au cours desquelles je côtoie le pays merveilleux (suit une longue liste de tout ce que la France compte de bons vins, à l’exception notable toutefois de ceux de la Butte Montmartre). Quant aux spécialités issues des terroirs d’Écosse et d’Irlande, ce n’est pas son rayon. Enfin, pas sa chapelle. Il m’a donc présenté son collègue saint Patrick. Sympathique...
Bien cordialement, en attendant le plaisir renouvelé de vous lire. »

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Ça vient d’arriver... Un exemplaire de Le vol de l’aigle a rejoint la Belgique, et voici l’accusé de réception :

« Malgré les risques du voyage, l’aigle s’est bien posé. Le cadre devrait lui plaire : altitude 500 m au cœur des Ardennes belges à 25 km de la réserve naturelle des Hautes-Fagnes, point culminant de 700 m de la Belgique (en fait, le point culminant est de 694 m, mais on a construit (on est en Belgique) un mirador de 6 m pour arriver aux 700 m... si, si... Je raille, mais cela ne m’a pas empêché d’y monter par jeu. Malheureusement, vu la hauteur des sapins qui l’entourent, je n’ai pas vu la mer...
J’ai donc bien reçu l’aigle, et je m’y suis déjà plongé avec délectation (Les piliers de la terre attendront bien un peu.)
Tiens, à propos, vous ne connaîtriez pas, par hasard, quelque moine capable de régler les problèmes communautaires ? Ou alors un âne !
On n’est pas dans la m... Heureusement qu’il nous reste l’humour.
Mais finalement, je ne suis pas certain qu’un âne puisse régler nos problèmes politiques, il y en a déjà tellement qui s’y sont cassé les dents, voire les oreilles… »

Quoi que... L’âne Morel est capable de régler bien des problèmes, par quelques ruades bien senties notamment. Mais pour comprendre cette fine allusion, il faut avoir lu "Le vol de l’aigle" !


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